Akiko, l’enfant et le sortilège

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Akiko la malicieuse, conte zen, est le sixième volume que consacre Antoine Guilloppé, scénariste, et illustrateur, aux aventures d’une jolie petite Japonaise, aussi bien curieuse, courageuse, amoureuse, rêveuse que voyageuse.

Dans une composition très dynamique – plans qui tanguent, plongées/contre-plongées – empruntant son esthétique à celle des papiers collés/découpés, des ombres chinoises et de la superposition, s’avance Akiko, robe fleurie rouge, des envies de farces plein la tête.

Les couleurs jaillissent ici avec d’autant plus de délices, telles les ailes d’un papillon (pan de robe envolée), que le noir et blanc est omniprésent, comme le mont Fuji, figure protectrice en arrière-plan, volcan éteint, oracle muet, matrice d’une petite héroïne n’ayant peur de rien.

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Mais il semblerait que les blagues d’Akiko ne soient pas toujours du meilleur goût : un vieil arbre se retrouve un matin couvert de lampions ; Takiji se réveille, paniqué, des insectes sur le nez ; des renards paisibles sursautent quand la belle enfant imite la grosse voix d’un chasseur. Que se passe-t-il ?

Des écureuils ont compris, perspicaces : si elle fait des blagues aussi désagréables, lui disent-ils à l’oreille, c’est qu’un Yôkaï, esprit malveillant, la tourmente à son insu – comme dans le Doudou méchant de Claude Ponti, comprendre qu’il n’y a pas de mauvais comportement sans une cause majeure.

La beauté des animaux, le goût du détail, le ton décalé parfois, font songer aux albums mettant en scène la famille souris (Kazuo Iwamura) ou les leçons de sciences naturelles du professeur Natsu Nagata, et c’est un enchantement.

Conte initiatique, Akiko la malicieuse ravira ceux qui parmi nous ont toujours quatre ans.

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Akiko la malicieuse, texte et illustrations d’Antoine Guilloppé, Picquier jeunesse, 32p (en librairie le 15 septembre)

Pour en savoir davantage sur les Yôkaï, ces personnages surnaturels étranges bien connus des Japonais, consulter le catalogue de l’exposition Yôkaï, Bestiaire du fantastique japonais, ayant eu lieu à la Maison de la culture du Japon à Paris, du 26 octobre 2005 au 28 janvier 2006.

On peut y lire notamment : « Les esprits des objets sont des yokaï typiquement japonais. Autrefois, on croyait que les divers ustensiles utilisés dans la vie quotidienne se transformaient en « tsukumogami » (esprit des vieux objets) lorsqu’ils atteignaient cent ans. Ustensiles de cuisine, chaussures, vêtements, instruments de musique : tous les objets du quotidien peuvent devenir des esprits dont le nombre est de ce fait infini. Cette croyance légèrement différente de l’animisme occidental n’est pas née de la peur des objets. Elle a plutôt pour origine l’amour pour les objets et exprime simplement le désir des Japonais que toute « chose » abrite une âme. »

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Consulter le site d’Antoine Guilloppé

Vous pouvez aussi me lire sur le site de  la revue indépendante Le Poulailler

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