Un morceau d’abîme tranché net, Denis Roche vu par Bernard Plossu

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Il y a un an, Denis Roche, poète, éditeur, photographe, traducteur (Ezra Pound), rejoignait l’invisible.

Bernard Plossu, Jean-Christophe Bailly et Guillaume Geneste lui rendent aujourd’hui hommage – sous la houlette des éditions Filigrane de Patrick Le Bescont – dans un petit volume élégant, simple, construit  sans aucune esbroufe mémorielle, le montrant en photographies (en compagnie de Françoise son épouse, leurs fils, mais aussi Pierre Klossowski, Claude Nori et Gilles Mora…) et racontant en mots l’énigme que fut cet homme multiple.

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Fidèle du groupe Tel Quel, Denis Roche s’arrêta d’écrire avec la publication au Seuil en 1995 de ses œuvres complètes dans un volume intitulé La poésie est inadmissible – on y retrouve entre autres les superbes Eros Energumène et Le Mécrit.

On peut y lire : « J’ai deux yeux ronds qui se posent un peu partout / Amicalement / Et qui ne sont rien moins qu’interrogateurs / Devant qui les choses les plus simples ont des / Apparences simples / Et les choses compliquées des apparences compliquées / Et mes mains lisses sont immobiles / Et froides de contemplation »

En 1999 paraissait chez Hazan Le Boitier de mélancolie – cent photos, connues ou non, mais toutes remarquables de l’histoire du genre, accompagnées de textes brefs – livre ouvert, poétique du désir en cent blocs de beauté, indifférente et partageable.

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La photographie est un « aquarium » (Jean-Christophe Bailly) révélant les parois de verre brisé entre lesquelles nous imaginons notre vie.

Denis Roche, « yeux ronds », fut photographe après avoir été poète, continuant pourtant la même œuvre.

Même si l’on croit y reconnaître les objets du monde, l’invention poétique/photographique est toujours un langage secret.

Et relire : « L’écriture poétique est un spectacle où l’on voudrait faire tout entrer, où l’on voudrait tout voir en même temps qu’on nous regarde, c’est-à-dire être regardé comme on nous voit. »

« Poït interrompu » ? « La poésie va mourir, Bondlà ! / Mourrons-la, mourrons-la ! », afin de mieux la retrouver.

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Bernard Plossu, Denis Roche, textes de Jean-Christophe Bailly et Guillaume Geneste, Filigranes Editions, 2016

Vous pouvez me lire aussi en consultant le site de la revue numérique indépendante Le Poulailler

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