L’ombre portée de la catastrophe, par If, revue marseillaise indisciplinaire

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La Esclava © Thibault Grégoire

Le quarante-quatrième numéro de la revue If, consacrée aux écritures contemporaines, est construit autour de l’œuvre du plasticien Théo Mercier, dont l’exposition The thrill is gone, présentée actuellement au Musée d’Art Contemporain (MAC) de Marseille, propose, par sa nature hybride (sculptures, installations, objets empruntés, photographies), un formidable point d’appui réflexif.

Hanté par la disparition, la notion d’obsolescence, le devenir-déchet, le travail de cet artiste vivant entre Paris et Mexico mêle les strates temporelles dans un pur présent évoquant aussi bien les destructions iconoclastes contemporaines (Palmyre, Mossoul) que des objets de culte sauvés du désastre ou les fétiches de notre société de consommation. Associés sans volonté de les hiérarchiser, ces objets de diverses natures créent le spectacle d’une civilisation étrange sur laquelle plane l’ombre de la mort, ou du moins la menace permanente d’un effondrement.

Les dessins de Jérémy Piningre répondent aux inventions plastiques de Théo Mercier, que commente le critique Pedro Morais, et prolongent les photographies mexicaines d’Erwan Fichou à la fois drôles et inquiétantes (projet Miradors).  

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Miradors © Erwan Fichou

Ce beau numéro de If – sobre élégance, qualité du papier sans afféterie – s’élabore aussi autour d’un deuxième axe concernant la scène belge actuelle, notamment le travail du créateur de Les Morts Rigolos et Opérations Biohardcores, Antoine Boute – décrit par Hervé Pons comme « philosophe, écrivain, poète sonore, pornolettriste, prophète conceptuel et naturaliste » – moins connu que ses aînés Alain Platel ou Jan Fabre ayant établi leur notoriété au mitan des années 80.

Avec « A table, à table, les Patriotes sont cuites », le poète belge Jean-Pierre Verheggen livre une de ses nouvelles facéties sur les thèmes inspirants de la « Brelgitude » et du tandem « Poésie et Boucherie ».

Des contributions du plasticien et performeur londonien Tim Spooner (dessins) fasciné par la vie des marionnettes et la thématique de la mutation, du new-yorkais Ian Hatcher (poésie virale) et de l’Espagnol Pablo Gisbert (texte « La fille de l’agence de voyages nous a dit que c’était un appartement avec piscine ») font de ce numéro une réjouissante expérience de lectures tous azimuts.   

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If, revue des arts et des écritures contemporaines, N°44, 2016, 82p

Site de la revue If

Théo Mercier, The trhill is gone, MAC, Marseille, exposition – du 28 septembre 2016 au 29 janvier 2017

Rendre visite à Théo Mercier

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Image mise à la une : Courtesy Bugada & Cargnel, Paris © Théo Mercier & Erwan Fichou / ADAGP, Paris, 2016

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