Penser avec Fukushima, une urgence, par Michaël Ferrier (1)

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Le travail que le romancier et intellectuel Michaël Ferrier effectue à propos de la catastrophe nucléaire ayant eu lieu à Fukushima le 11 mars 2011 est d’une importance considérable.

Les actes du colloque intitulé Penser avec Fukushima (Paris, juin 2014), qu’il a codirigé avec Christian Doumet, sont aujourd’hui disponibles, publiés par les éditions nouvelles Cécile Defaut.

Contemporain, Michaël Ferrier l’est indubitablement, au sens de Giorgio Agamben, c’est-à-dire dans la capacité à voir le faisceau de ténèbres aveuglant notre présent.

Le dialogue que nous avons entamé sur l’événement du 11 mars 2011 ne peut avoir de fin.

Penser Fukushima est-il une question de préposition ?

Oui. La question de savoir comment se positionner par rapport à l’événement nommé « Fukushima » passe aussi par les prépositions qu’on emploie, au sens grammatical du terme. Il y a ceux qui pensent « sur Fukushima », en le prenant comme objet d’études, en essayant d’y appliquer les vieilles recettes de la pensée. J’en fais partie, comme beaucoup d’autres : je prends mon objet, je le cerne, je le surplombe, je tâche de le connaître, de le dominer, de le caractériser, d’en élaborer une problématique, d’y trouver des remèdes. Indispensable certes, mais cela ne suffit pas : car « Fukushima » nous déborde de partout et ce n’est pas seulement une manière de parler, les fuites d’eau radioactive incessantes à la centrale en sont l’exemple le plus concret et nous le rappellent sans répit.

Nous sommes tous également tentés de penser « après Fukushima ». Et il le faut (Voir notamment « Technologie souveraine et contrôle démocratique » d’Alain-Marc Rieu dans la revue Ebisu, 47|2012, p. 69-78, ou le numéro de la revue Rue Descartes, « Philosopher au Japon aujourd’hui, après Fukushima », N° 88, 2016/1.). Mais cela ne suffit pas non plus : que veut dire après pour un événement qui continue, qui se diffuse, qui s’amplifie ? La carte des contaminations radioactives s’étend, se propage partout sur la planète, ce que François Bizet nomme « le puzzle radioactif » dans un des textes du volume Penser avec Fukushima : 3,3% du territoire de l’ex-Union soviétique sur 45 sites différents, 145 000 km2 entre l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie, autour de Tchernobyl, 23 000 km2 autour de la centrale de Maïak depuis l’accident de 1957, certaines zones des Etats-Unis, de la Chine, et désormais 8% du territoire japonais contaminés au césium 137 et 134 (chiffre officiel)… Sans compter tout ce que l’on ne sait pas, ce qu’on ne veut ou ce qu’on ne peut pas savoir, notamment la pollution sous-marine ou souterraine (Voir « L’inhabitat », in Penser avec Fukushima, Ed. Cécile Defaut, 2016). Nous ne sommes pas dans une période post-Fukushima mais bien dans sa pleine phase de déploiement.

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Ce n’est donc pas – ou pas seulement – un jeu de mots que de dire que la manière de penser « Fukushima » dépend de la préposition qu’on utilise : se positionner, c’est aussi se prépositionner. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Que nous ne sommes pas après Fukushima et que nous ne pouvons pas nous contenter de penser sur Fukushima : il faut aussi d’une certaine manière essayer d’en épouser le mouvement, d’en prédire les développements – nombreux, parfois insoupçonnables – afin d’en contrer les effets mortifères. C’est pourquoi nous proposons dans ce livre de « penser avec » : c’est-à-dire d’essayer de tenir compte de l’événement nommé « Fukushima » dans toute son ampleur, dans toutes ses directions, et aussi dans toute son intensité très particulière, qui ne se manifeste pas uniquement sous des modalités spectaculaires et n’appelle donc pas seulement à des prises de paroles pseudo-héroïques ou à des invectives moralisantes dramatiquement inefficaces, mais à un véritable travail de fond.

Enfin, « penser avec » veut aussi dire un travail collectif : à la fois interdisciplinaire et international, c’est ce que nous avons commencé à faire dans ce recueil, qui n’est que le premier d’une série, appelée à s’étendre encore, à se développer non seulement en ce qui concerne les champs étudiés (ici, en guise de premiers jalons : la littérature, la philosophie, les changements dans la perception de l’espace ou la géographie comme dans la conception du temps et de l’Histoire) mais aussi dans la manière de les aborder. C’est un vaste chantier, qui ne fait que commencer.

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Les liens privilégiés entre la France et le Japon ont-ils favorisé la tenue à Paris en juin 2014 du colloque « Penser/créer avec Fukushima » ? Y a-t-il d’autres pays européens aussi soucieux de questionner l’événement du 11 mars 2011 ?

Les « liens privilégiés » entre la France et le Japon se font aussi bien – et peut-être avant tout – sous le signe de la prolifération nucléaire ! Je rappelle, dans l’introduction à ce volume, que deux ans à peine après la catastrophe, la visite du Président français François Hollande au Japon s’est conclue par une coopération accrue dans le domaine de l’armement et du nucléaire entre la France et le Japon. L’entreprise française Areva et Japan Nuclear Fuel Ltd ont ainsi signé un accord en vue du démarrage de l’activité commerciale de l’usine de retraitement de Rokkasho-mura (dans le département d’Aomori). Areva est aussi censée apporter son expertise dans la poursuite de la construction de l’usine de combustible MOX (oxyde mixte d’uranium et de plutonium), l’amélioration de la sûreté des centrales, le démantèlement de réacteurs et la réhabilitation (espérée, mais on pourrait dire aussi : supposée) des sites radioactifs. Bref : cette « série d’accords clés pour la poursuite et le développement du partenariat stratégique franco-japonais dans le nucléaire », comme la décrit avec son admirable sens de la synthèse Philippe Pons dans Le Monde, apportait sans aucun état d’âme son soutien à la politique du Premier Ministre Abe Shinzô, visant à relancer progressivement les réacteurs.

Ceci dit, dans son texte sur les « écrits du 11 mars », Fabien Arribert-Narce observe avec justesse que dans l’ensemble des textes nés de la catastrophe, « se distinguent en particulier les écrits de langue française, dont le nombre est sans commune mesure avec ce que l’on peut observer dans d’autres langues européennes comme l’espagnol, l’allemand et même l’anglais. » Il explique ce phénomène « par le lien privilégié unissant la France et le Japon depuis la fin du XIXe siècle, dans la lignée du premier « Japonisme » esthétique (…) mais aussi par la place prépondérante du nucléaire dans l’Hexagone ». Il a évidemment raison. Il faut croire que là où il y a du danger, croît aussi ce qui sauve : parole de poète, confirmée par l’astrophysique (« Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch » : c’est le vers célèbre de Hölderlin dans Patmos, repris par Hubert Reeves dans son livre sur la crise écologique : Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve – Paris, Seuil, 2013) !

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La prise de parole publique à propos de cette catastrophe peut-elle être autre que de nature profondément politique ?

Toute prise de parole à ce sujet est profondément politique. C’est ce que nous rappelons avec Christian Doumet à la fin de notre avant-propos : « Consacrés à la littérature, à la philosophie, au temps et à l’espace, les textes qui suivent ne parlent pas toujours de la part immédiatement perceptible de Fukushima, autrement dit de ses aspects politiques, économiques, écologiques même. Mais en même temps, ces perspectives sont impliquées dans toutes les interventions au sens où elles ont fatalement – il vaut mieux le savoir, et le dire – une vocation politique au sens le plus large qui soit. »

Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot « politique ». C’est une erreur fondamentale par exemple, quoiqu’assez répandue, de croire qu’on va pouvoir penser Fukushima – je veux dire penser politiquement Fukushima – sans passer aussi par les arts. Il ne s’agit pas d’esthétiser la catastrophe, ou d’en tirer des effets littéraires, esthétiques, musicaux ou que sais-je, mais de prendre conscience – et de tirer parti – de ce que l’art peut nous apporter en ce domaine aussi. Anne-Bayard Sakai le rappelle dans ce livre, dans son étude très pertinente des normes et de l’invention dans la littérature japonaise depuis le 11 mars 2011 : « C’est un poète de Fukushima, Wagô Ryôichi, qui par le biais de Twitter, seul moyen de communication encore en fonctionnement, a émis en direct du discours qui n’était pas directement informatif. » Et si ces textes de Wagô (Corinne Atlan a eu la bonne idée de traduire les poèmes de Wagô en français : Jets de poèmes, Editions Eres, 2016 – livre chroniqué dans L’Intervalle) ont eu pour effet de réhabiliter spectaculairement le rôle social de la poésie, ce n’est pas un hasard. Quand tout d’un coup, le monde s’écroule, la poésie peut être en première ligne. C’est elle qui nous rappelle à notre présence au monde et non pas les vociférations des uns et des autres.

Dans un autre texte du recueil, Philippe Forest évoque Uchida Hyakken, l’un des meilleurs écrivains japonais, malheureusement fort peu connu en France (De lui, on peut tout de même lire en français La Digue, huit nouvelles traduites par le judicieux Patrick Honnoré chez le non moins judicieux Éditeur Atelier In8 (Serres Morlaàs, 2011) : site des éditions In8), et rappelle que « survivant à la dévastation subie par Tokyo au cours de la Seconde Guerre mondiale, [il] avait rendu compte de celle-ci en évoquant dans son journal d’alors comment la disparition de son chat, événement évidemment minuscule au regard de l’Histoire, lui avait permis d’exprimer la douleur majuscule infligée à son pays. » La remarque de Forest renvoie bien sûr à ses propres livres (notamment Le chat de Schrödinger, Gallimard, 2013), mais au-delà à la position nécessairement modeste que chacun devrait avoir face à l’ampleur d’un tel désastre et à l’importance du point de vue choisi pour en parler.

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Ces deux exemples sont éclairants : face à l’aporie – éthique et esthétique – à laquelle semble nous condamner Fukushima, ce ne sont pas toujours les bruyantes rhétoriques catastrophistes qui sont les plus efficaces. Face à l’infiltration doucereuse du nucléaire dans nos vies (ce que j’ai nommé dans Fukushima, récit d’un désastre : la « demi-vie »), certains sont tentés par la résignation pure et simple, d’autres sombrent dans une forme de récrimination panique. Mais la critique de la falsification des faits et le questionnement du système peuvent tout aussi bien passer, à mon sens, par des analyses calmes et lucides, déterminées, ancrées dans le réel jusque dans sa dimension la plus quotidienne.

La nature politique d’un discours ne se mesure pas au nombre de fois où l’auteur, sûr de son bon droit et usant de grandes envolées, proclame qu’il a le diagnostic le meilleur et la seule solution. Ceci, c’est de l’idéologique et non du politique. En revanche, je crois beaucoup au travail de fond, personnel et collectif, avec une forte sensibilité à ce que vivent les victimes au jour le jour. C’est pour ainsi dire le quotidien érigé à la hauteur d’un principe.

Ce que le philosophe Takahashi Tetsuya désigne comme la « mafia du nucléaire » exerce-t-il quelquefois des pressions sur vos interventions orales ?

Ils peuvent toujours essayer… Takahashi Tetsuya a raison de décrire dans son texte la dimension mafieuse de certaines pratiques, mais il faut insister sur un point : cette dimension mafieuse n’est pas seulement, et même pas principalement frontale. C’est une des grandes leçons de Michel Foucault d’avoir démontré, il y a quelques temps déjà, que le pouvoir s’insère le plus souvent dans un contexte de stratégies variées et un ensemble de processus (Foucault, qui n’a à ma connaissance jamais parlé du nucléaire, est pourtant d’une aide précieuse, sans doute parce que, en fils de médecin, il avait compris que le pouvoir médical peut être au centre de stratégies de normalisation, mais aussi parce qu’il a mieux que tout autre analysé cette forme du pouvoir diffus. Un des auteurs de notre collectif, Sato Yoshiyuki, reprend la méthode foucaldienne pour réfléchir sur les « faibles doses d’irradiation », notion capitale, qui sera sans doute au centre de bien des polémiques à venir). Mathieu Potte-Bonneville le résume de manière parfaitement claire dans un texte excellent : « le pouvoir est relation plutôt que substance, et réseau plus que puissance souveraine. » (Mathieu Potte-Bonneville, « Dispositif. Foucault prêt-à-porter », Vacarme, 1/2002 (n° 18), p. 48-49) Le pouvoir n’agit donc pas seulement par la pression ouverte ou la répression caractérisée : il existe tout un arsenal de procédés tour à tour sournois et sinueux, subreptices et souterrains, pour tâcher de vous faire taire. Pour prendre une illustration concrète, on peut rappeler qu’un bon budget publicitaire par exemple est souvent une arme très efficace : cela a marché pendant des années pour TEPCO, l’opérateur électrique de la centrale de Fukushima, et a grandement contribué à museler les médias japonais.

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Face aux pressions, il y a heureusement une méthode, qui a été magnifiquement énoncée par Fitzgerald : « Le travail de tout bon écrivain est de nager sous l’eau en retenant son souffle. » C’est une méthode simple, qui nécessite il est vrai un peu de courage, et un système nerveux à toute épreuve.

Comment lutter contre la novlangue des tenants du nucléaire ? Christian Doumet, professeur de littérature française à la Sorbonne, écrit : « Fukushima est aussi le nom d’un mal qui affecte nos façons d’en parler. »

Christian Doumet est un poète : il voit juste et il connaît l’importance des mots. Il ne s’agit pas d’être fétichiste au niveau des expressions que nous utilisons, mais bien de penser la langue que nous employons, car elle-même pense et nous pense.

Je propose donc dans Penser avec Fukushima une réflexion philologique sur la catastrophe. À partir d’un article de la sociologue Mori Chikako paru dans Le Monde un an juste après la catastrophe, qui s’interrogeait très finement sur l’appellation même de « Fukushima » – au Japon, on appelle la catastrophe autrement : « le 11 mars » (Mori Chikako, « De quoi Fukushima est-il le nom ? Réflexions sur la catastrophe du 11/3 et son exotisation », paru dans Le Monde du 11 mars 2012 sous le titre « Fukushima ne doit pas être le nom du désastre nucléaire ». Disponible en ligne sur le site Les mots sont importants : De-quoi-Fukushima-est-il-le-nom) -, je m’interroge sur la guerre d’édition qui a lieu sur Wikipédia : fallait-il nommer ou non cet « accident » une « catastrophe » ? (sur un support de diffusion comme Wikipédia, la question est évidemment loin d’être anodine), puis, sur le modèle de Viktor Klemperer (son travail sur la langue du Troisième Reich) ou, plus récemment, d’Eric Hazan (son analyse de la langue néo-libérale), je suggère de mettre en place un véritable dictionnaire de la langue de Fukushima.

J’ai déjà dans Fukushima, récit d’un désastre, repris à mon compte l’expression de « demi-vie » pour la retourner en quelque sorte et montrer tout ce que cette expression, banale dans le jargon nucléaire, charriait avec elle d’une symbolique extrêmement concrète et sournoise à la fois. J’en donne plusieurs exemples à nouveau dans ce livre, par exemple l’utilisation d’une expression aussi anodine que « fuite d’eau » pour évoquer de véritables projections d’eau radioactive, puissantes et continues. J’aurai encore plusieurs exemples du même tonneau (des Danaïdes), mais ce travail philologique doit aussi à mon sens être un travail collectif, international et multilingue.

Vous avez pris de nombreuses photographies lors de votre douloureux voyage dans la région de Fukushima au printemps 2011. Envisagez-vous de les montrer/exposer/commenter ?

Près d’un millier de photos, oui, et des vidéos. Je n’envisage pas pour l’instant de les exposer, à moins de trouver pour cela une équipe et un lieu exceptionnels, à la hauteur de la dévastation qui nous vise, et d’y greffer un véritable travail de montage, on pourrait même dire d’alliage, entre les images, les mots et le son.

L’idée d’une exposition sonore me tente beaucoup, car en plus de toutes les photographies dont vous parlez, j’ai également réalisé beaucoup d’enregistrements audio. À la manière de ce qu’a fait Andrea Fraser en 2016 pour l’exposition Open Plan, au Whitney Museum de New York. De manière très intelligente, Fraser a délibérément choisi de laisser vide l’immense espace mis à sa disposition (rien moins que 18 200 m2 – le plus grand espace d’exposition de New York !) et a proposé une exposition uniquement acoustique, diffusant des bruits enregistrés au pénitencier de Sing Sing, situé 50 km plus bas, sur la même rive de l’Hudson. Un tel dispositif, insolite et même insolent, avait pour avantage de faire réfléchir de manière quasi organique, sensitive et non pas sensationnelle, sur le rapport entre ces deux institutions que tout semble séparer : le musée et la prison. J’étais à New York à ce moment et j’ai trouvé l’idée très belle, très juste, comme je l’ai dit dans un article pour Libération (Voir ici : http://whitney.org/Exhibitions/OpenPlanAndreaFraser Et ici : http://next.liberation.fr/culture-next/2016/03/17/balade-acoustique-dans-l-immensite-du-whitney museum_1440029)

J’imaginerais volontiers un dispositif sonore et musical pour une exposition sur le 11 mars. Alors que nous vivons sous le règne de l’image, et je dirais même sous la coupe de l’image, il me semble qu’il peut y avoir intérêt aujourd’hui à se débarrasser de certains filtres visuels ou narratifs omniprésents et à savoir, au sens propre, tendre l’oreille.

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Propos recueillis par Fabien Ribery

Michaël Ferrier, Anne Bayard-Sakai, Fabien Arribert-Narce, Philippe Forest, Christian Doumet, Rémi Scoccimarro, François Bizet, Hervé Couchot, François Lachaud, Sato Yoshiyuki, Takahashi Tetsuya, Jean-Luc Nancy, Penser avec Fukushima, sous la direction de Christian Doumet et Michaël Ferrier, éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016, 298 p.

Site des éditions nouvelles Cécile Defaut

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