Il fait un temps d’Yvon Le Men

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Diastole, systole, diastole.

Dehors, dedans, dehors.

Se souvenant aussi bien de Georges Perros (Poèmes bleus), de Nicolas Bouvier (Le dedans et le dehors), que du maître Louis Guilloux, Yvon Le Men construit ainsi, dans le battement du cœur et des pas dans les labours, Le poids d’un nuage, le deuxième tome de son autobiographique poétique, Les continents sont des radeaux perdus (Bruno Doucey).

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Après un premier volume consacré à son enfance, à ses parents, à ceux qui l’ont vu grandir et parmi qui il a vécu, le poète ouvre le champ de vision, les sens en alerte, passant de l’histoire à la géographie, écrivant « « entre pays et paysages, entre vies et visages, entre ce qui dure et ne dure pas ».

Le mètre est court, les poèmes généralement brefs, l’émotion intense.

Yvon Le Men, paludier des mots, invite au voyage, fraternellement, sincèrement.

Paysan, il étreint la réalité rugueuse, pour l’offrir en partage, tamisée, réenchantée, telle qu’elle.

Une robe jaune passe, comme le désir d’une femme.

« Je suis allé sur sa tombe / je lui ai demandé / si elle existait encore // autrefois / nous avions fait l’amour // je suis rentré chez moi / avec cette pensée // j’ai voulu l’oublier / ne l’ai pas voulu »

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En Bretagne, on ne sait parfois plus très bien ce qui du ciel, de la terre ou de la mer soutient la marche.

Yvon Le Men est un Wanderer, promeneur attiré par l’infini, comme par le plus proche. Ses poèmes sont des tableaux, des découpes dans le visible, des cadres dans les cadres. Ut pictura poesis, époque Tang à travers les siècles.

Le dedans est fait de bibliothèques polyglottes, de souvenirs par brassées (les amis Eugène Guillevic, René Rougerie, Jacques Lacarrière, Claude Vigée, François Cheng), de rochers dans la chambre à coucher.

Le dedans est un sommeil d’estampes (Hiroshige, Hokusai), des réveils en pleine nuit (Eugène Boudin, Rembrandt), des repos profonds (Claude Monet), des inquiétudes (Vincent Van Gogh, Edvard Munch), des illuminations (Vermeer).

« la terre tourne sur sa palette »

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La pudeur guide l’inspiration, comme l’humour, étonnamment élégiaque : « Le dimanche à Lannion / c’est comme le samedi à Haïfa / où les ascenseurs font shabbat / où Dieu est en pilotage automatique »

Quelle différence entre un poème et une prière ?

Si vous croisez l’Indien au détour d’une balade sur les sentiers de Douarnenez, du Conquet, d’Audierne, de la Ria d’Etel, de Guérande, de Landévennec, ou de Trégastel, offrez-lui un verre, il saura vous libérer de vous-même, et recueillir des paroles aussitôt transformées en chants.

Pour Bernard Chambaz : « Je sais / qu’il est interdit / de ramasser des galets // mais / quand il en choisit un / pour le déposer / sur la tombe de son fils // je détourne le visage / et regarde la mer // Un peu de l’immense histoire du temps / contre la brève histoire d’une vie // est justice »

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Yvon Le Men, Le poids d’un nuage, Les continents sont des radeaux perdus, 2, Editions Bruno Doucey, 2017, 142p

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Mary Claquin dit :

    Je suis fan d’Yvon le Men ( brestoise et originaire de Plougasnou du côté paternel) il parle si bien de son « coin » !!!

    J'aime

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