Leonardo Marcos, photographe warholien

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Artiste multidisciplinaire franco-espagnol, Leonardo Marcos expose actuellement à la Galerie du Passage (Paris), sur une idée de son directeur Pierre Passebon, une série de trente-six portraits directement inspirés, pour la thématique, de la « Galerie des Beautés » du château de Nymphembourg à Munich, commande du roi Louis 1er de Bavière au peintre Josef Karl Stieler.

Poète avant tout, l’artiste catalan photographie des visages de femmes superbes, dont il ne garde que les lignes et la flamboyance des yeux.

Apparaissent une succession de regards, des bouches qu’on rêverait d’embrasser pour les animer, des chevelures de toutes sortes, toisons, crinières, ou écus.

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Le cadrage est identique pour chaque femme, célèbre (la Princesse Caroline de Hanovre, Setsuko Klossowska) ou inconnue, permettant au spectateur d’entrer dans le jeu des variations.

La méthode sérielle, la fascination pour des êtres capturés/révélés dans leur puissance iconique, fait songer aux portraits d’Eddie Sedgwick et Nico par Andy Warhol, impression redoublée par le choix de la couverture argentée, tel un miroir des vanités, pur reflet de nos évanouissements possibles, à l’instar de celle qu’avait choisie pour son catalogue le Musée d’Art moderne de la ville de Paris à l’occasion d’une exposition récente du maître du Pop art.

FLEUR DEMERY3

Les femmes de glace sont aussi des femmes de chair, d’autant plus attirantes qu’elles semblent s’effacer et disparaître sous les irradiations de qui les dessine en quelques traits de lumière.

Lorsqu’elles sont regardées dans leur puissance de grâce, les femmes deviennent parfois des nymphes.

GALERIE DES BEAUTES-FArida 8

Au château de Munich, Alain Resnais tourna en noir et blanc, sur un scénario d’Alain Robbe-Grillet, le borgésien L’année dernière à Marienbad, dont les beaux fantômes (Delphine Seyrig) semblent parvenir aujourd’hui jusqu’à nous.

Des phrases les accompagnent, ce sont des extraits de conversations, des précipités de paroles, des parfums, mais aussi de courts poèmes de l’auteur lui-même.

Les femmes sont de tous âges, elles n’en forment qu’une, trente-six fois diffractée.

Aucune impudeur ici, mais la force diaphane des modèles face à l’objectif.

Si la beauté est le commencement de la terreur (Rilke), elle est aussi celui de la communion des âmes (Schiller).

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Fleur Demery : « Mon signe astrologique est la Vierge. Je peux être Vierge folle ou Vierge sage, selon mon humeur. »

Khadja Nin : « Là d’où je viens, naître beau est un cadeau et vieillir en est un autre. »

Lina Khelfa-Martin : « Au musée Guggenheim de New York, j’ai eu un coup de foudre pour le monochrome bleu de Klein. C’est une couleur exceptionnelle, si chaude et électrique à la fois, qui me rappelait le jardin Majorelle. C’était très chaud, ça m’a brûlée ! »

Parce qu’elle peut disparaître en un clin d’œil (Marguerite Duras), la beauté est un déchirement qui bouleverse alors même qu’elle apaise, suscite le désir, ou procure de la joie (l’actrice Ingrid Juveneton, si touchante).

978-27291-2309-3

Leonardo Marcos, La Galerie des beautés, préface de Terry de Gunzburg, éditions La Différence, 2017, 96 pages

Site de Leonardo Marcos

Editions de la Différence

KHADJA NIN

Exposition à la Galerie du Passage (Paris) – du 18 mai au 15 juin 2017 –

Galerie du Passage

ARIELLE DOMBASLE 4

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