Vers un nouveau paradigme, Michel Monteaux, dessinateur

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Reconnu pour son activité de photographe – portraits, reportages, faits de société -, Michel Monteaux interroge désormais, par une pratique permanente du dessin, les liens unissant mystérieusement les êtres à leur environnement, proche ou lointain, et les ordres symboliques les rapprochant.

Cherchant de façon intuitive, et très raisonnée, à révéler la saveur de l’unus mundus, du monde Un, l’artiste lève un espoir considérable : et si jusqu’à présent nous n’avions presque rien compris de notre inscription dans le monde, de ce qui fait apparaître et mouvoir les dix mille êtres ?

Visible et invisible ne cessent pourtant de communiquer en un langage que les plus sensibles parviennent parfois à percevoir.

Petite exploration de l’univers en quatre œuvres.

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Dans les époques d’interrègne naissent les monstres, mais aussi des possibilités inédites de réparation, « moment de latence » qu’explore en ses œuvres graphiques Michel Monteaux.

Dans le ventre des êtres qu’ils dessinent roulent des bombes noires, oursins ou cancers sur lesquelles poussent des arbres de couleurs.

Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve.

Aux yeux de fleurs s’offrent la diversité des corps subtils, qui sont des doubles cheminant à nos côtés, des présences chaudes, malgré elles inquiétantes.

COSMOS (18)

Il convient ici d’imaginer un nouveau paradigme, et la force des symboles, qui sont des arches, qui sont des sacres.

Des portes ogivales en cascades. Une lumière blanche effaçant/précédant la vision. Des végétaux, racines ou plantes grimpantes, prenant possession de l’espace.

Michel Monteaux invite aux vertiges de la profondeur du temps, à la mise en relation de tous instants.

Voir des cathédrales se lever sous chacun de nos pas.

Laisser la main tracer ce que la raison méconnaît.

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Du sexe de la femme arachnide coule des fils de soie s’accrochant aux bois du roi de la forêt, cerf sacrifié, arraché aux lois de la pesanteur.

Tout flotte, dans un grand battement d’ailes et de paupières.

Aspire les andouillers comme l’amante la cervelle de son ami.

N’est-il pas terriblement tentant de ne plus être que succion ?

Pareidolie (25)

Dans un texte distribué aux visiteurs de son exposition, Michel Monteaux cite ce passage du Gorgias de Platon : « A ce qu’assurent les doctes pythagoriciens, Calliclès, le ciel et la terre, les dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté faite d’amitié et de bon arrangement, de sagesse et d’esprit de justice, et c’est la raison pour laquelle, à cet univers, ils donnent le nom de cosmos, d’arrangement, et non celui de dérangement non plus que de dérèglement. »

Les dessins qu’invente le peintre sont ainsi des microcosmes ouverts au jeu sérieux des analogies et des correspondances.

Des formes surgissent du papier, des visages lointains, des animaux fabuleux.

La feuille se remplit de cils vibratiles, laissant entrevoir, comme dans un songe, des traces pariétales où deviner la confusion des temps et des ordres.

Exposition Michel Monteaux, galerie Frédéric Moisan (Paris) – du 18 mai au 3 juin 2017

Site de Michel Monteaux

Galerie Frédéric Moisan

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